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Les délais compressent la pensée avant même de presser le temps.

Incuber n’est pas procrastiner

Σύνοψη

Στα κοινωνικά δίκτυα κυκλοφορεί συχνά η ιδέα ότι η αναβλητικότητα αποτελεί ένδειξη υψηλής νοημοσύνης ή ακόμη και αποτελεσματική στρατηγική σκέψης. Η άποψη αυτή είναι ελκυστική, αλλά παραπλανητική. Αυτό που μπορεί πράγματι να βελτιώσει την ποιότητα μιας εργασίας δεν είναι η αναβλητικότητα, αλλά η επώαση (incubation) : μια διακριτική, συχνά μη συνειδητή γνωστική διεργασία που προηγείται της ορατής παραγωγής. Η επώαση προϋποθέτει ότι το άτομο έχει ήδη εμπλακεί νοητικά στο έργο — έχει διαβάσει την εκφώνηση, έχει εντοπίσει τα προβλήματα και έχει αρχίσει να διαμορφώνει ιδέες. Αντίθετα, όταν η καθυστέρηση οφείλεται σε άγχος, αποφυγή ή κακή οργάνωση, δεν πρόκειται για επώαση αλλά για απλή αναβολή. Σε αυτή την περίπτωση, η σκέψη δεν ωριμάζει· απλώς συμπιέζεται χρονικά. Ορισμένες εργασίες που εκτελούνται την τελευταία στιγμή μπορεί πράγματι να είναι επιτυχημένες. Αυτό όμως συμβαίνει μόνο όταν η γνωστική επεξεργασία έχει ξεκινήσει νωρίτερα. Η πίεση του χρόνου λειτουργεί τότε ως μηχανισμός εστίασης και όχι ως υποκατάστατο της σκέψης. Στο πανεπιστημιακό πλαίσιο, η ουσιαστική διάκριση δεν είναι ανάμεσα στο «νωρίς» και το «αργά», αλλά ανάμεσα σε μια προοδευτική γνωστική εμπλοκή και σε μια καθυστερημένη ενεργοποίηση υπό πίεση. Η πανεπιστημιακή μάθηση δεν απαιτεί διαρκή ορατή δραστηριότητα, αλλά μια πραγματική, έγκαιρη και μη αυτοσχεδιασμένη νοητική παρουσία.

Συντεταγμένη με τη βοήθεια τεχνητής νοημοσύνης.

La procrastination… signe d’un haut QI ?

Je vois circuler sur les réseaux sociaux l’idée selon laquelle procrastiner serait une stratégie intellectuelle efficace, voire un signe de grande intelligence.

La thèse est séduisante. Elle est surtout trompeuse.
Car ce qui peut, dans certains cas, favoriser la qualité d’un travail n’est pas la procrastination, mais l’incubation : un travail cognitif discret, souvent non conscient, qui s’opère avant le moment visible de la production, avant l’écriture, la remise d’un devoir ou l’accomplissement d’une mission (clin d’œil appuyé à mes étudiants chypriotes).

La confusion entre procrastination et incubation est fréquente.
Elle est aussi pédagogiquement coûteuse.

Procrastination et incubation : ne pas confondre !

Différer une tâche peut recouvrir des réalités très différentes.
Il arrive qu’un étudiant s’empare réellement d’un devoir dès son assignation : il lit la consigne, en identifie les enjeux, perçoit les difficultés, commence à formuler des pistes.
Puis il s’en éloigne provisoirement. Non par évitement, mais parce que le problème est suffisamment investi pour continuer à « travailler » en arrière-plan.

Ce mécanisme est bien connu en psychologie de la créativité. Il est notamment décrit dans le modèle classique de Graham Wallas [1], qui distingue une phase d’incubation entre la préparation et… l’illumination. 😂

Mais dans de nombreux autres cas, le report n’est qu’un évitement :
– peur de mal faire,
– difficulté à s’organiser,
– surcharge ou
– simple illusion que l’urgence suffira.

Dans ce cas, rien n’incube. Le travail ne mûrit pas. Il est simplement retardé.

Pourquoi le « dernier moment » fonctionne parfois

Il serait naïf de nier une réalité empirique bien connue : certaines productions réalisées sous forte contrainte temporelle sont bonnes... parfois très bonnes.

Ce n’est pas l’urgence en elle-même qui est féconde, mais deux mécanismes bien identifiables :
– la réduction brutale des possibles, qui force la décision ;
– l’activation d’idées déjà disponibles, mais encore non formalisées.

Autrement dit, le dernier moment peut être efficace à condition que le travail cognitif ait commencé bien avant.
Sans cet investissement préalable, la contrainte temporelle ne produit pas de la créativité, mais de la précipitation.

Une organisation sur une base de quinze jours

Dans mes cours universitaires de ce semestre, les devoirs sont assignés sur une base de quinze jours.
La première semaine est consacrée à l’appropriation de la consigne et à une discussion collective sur l’état du travail.
La seconde semaine permet la maturation et la production finale.

Ce rythme n’a pas pour objectif d’encourager le travail tardif.
Il vise au contraire à rendre possible un investissement cognitif précoce, suivi d’un temps de décantation.

L’expérience montre une différence nette entre deux profils :
– ceux qui entrent réellement dans le devoir dès le début peuvent se permettre d’attendre la dernière minute pour rédiger ;
– ceux qui découvrent la tâche à la veille de la remise ne sont pas en incubation, mais en rattrapage.

La morale assumée

Attendez la dernière minute si vous le souhaitez. Mais commencez dès le premier jour.

Commencer ne signifie pas produire immédiatement. Cela signifie :
– lire attentivement la consigne,
– identifier ce qui pose problème,
– laisser le sujet « travailler » en arrière-plan,
– noter une idée, même floue,
– accepter un temps d’inachèvement.

L’incubation n’est pas une excuse pour ne rien faire.
C’est une modalité exigeante du travail intellectuel, qui suppose une entrée précoce dans la tâche.

___

La vraie opposition n’est pas entre travailler tôt ou travailler plus tard. Elle est entre :
– un investissement cognitif progressif,
– et un déclenchement tardif sous stress.

L’apprentissage universitaire ne demande pas une activité constante et visible. Il exige une présence mentale réelle, parfois discrète, mais jamais improvisée.
C’est cette présence-là – plus que le respect formel des délais – qui fait la différence.

__________

[1Wallas, G. (1926). The art of thought. Jonathan Cape.


Professionnel de l’enseignement supérieur avec plus de 35 ans d’expérience en linguistique, expert en méthodologie d’enseignement des langues et évaluation des compétences. …

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